C’est la question que tout le monde se pose et à laquelle presque personne ne répond avec des chiffres. Sur un métier accessible sans diplôme préalable et souvent choisi en reconversion, savoir ce qu’on va réellement gagner change tout. Voici les montants, brut et net, leurs sources, et surtout ce qui les fait varier : la grille de la convention collective, les primes, les astreintes, la région et l’expérience.

L’essentiel en trente secondes
  • 1 867 € brutLe plancher légal d’un débutant à temps plein : le SMIC, soit environ 1 478 € net par mois.
  • ≈ 2 140 € brutLe salaire médian relevé sur les offres d’emploi, soit environ 1 690 € net par mois.
  • De 22 400 à 31 000 € brut par anLa fourchette courante, du premier poste au conseiller expérimenté.
  • Une grille conventionnelleLa convention des pompes funèbres (IDCC 759) fixe des minima par niveau, relevés d’environ 2 % en janvier 2026.
  • Des primes, pas partout94 % des salariés y sont favorables, 78 % des dirigeants : le variable se négocie.
  • Payé avant d’être diplôméOn peut être embauché, puis se former dans les 12 mois qui suivent la prise de poste.

Ce que garantit la convention collective

Le secteur funéraire est couvert par la convention collective nationale des pompes funèbres du 1er mars 1974, identifiée sous le numéro IDCC 759. Elle fixe des salaires minimaux par niveau de classification, revalorisés par avenant. Le dernier en date, signé le 13 janvier 2026, a relevé l’ensemble de la grille d’environ 2 % au 1er janvier 2026.

Pour une durée de 35 heures hebdomadaires, les minima à l’embauche s’échelonnent ainsi. Les montants nets sont des estimations avant impôt sur le revenu, hors mutuelle, calculées sur la base des cotisations salariales habituelles (environ 21 % pour un non-cadre, 25 % pour un cadre).

CatégorieNiveauBrut mensuelNet estimé
Ouvriers et employésNiveau I1 864 €≈ 1 478 € (SMIC)
Niveau III1 928 €≈ 1 520 €
Techniciens et agents de maîtriseNiveau IV, position 12 006 €≈ 1 585 €
Niveau IV, position 22 063 €≈ 1 630 €
CadresNiveau V2 501 €≈ 1 875 €
Niveau VI2 949 €≈ 2 210 €
Niveau VII4 288 €≈ 3 220 €

La grille prévoit ensuite une progression à l’ancienneté, avec des paliers à 3, 5, 10, 15, 20 et 25 ans. Le niveau exact auquel un conseiller funéraire est positionné dépend de la classification retenue par son employeur : c’est une ligne de votre contrat de travail qu’il vaut la peine de lire avant de signer, car elle conditionne votre salaire de départ et vos augmentations futures.

Attention au bas de la grille : le SMIC s’impose

Un point mérite d’être connu. Le SMIC a été revalorisé de 2,41 % au 1er juin 2026 et atteint désormais 1 867,02 € brut par mois pour 35 heures, soit environ 1 478 € net. Or le premier échelon de la grille conventionnelle, fixé en janvier, s’établit à 1 864 € : il est passé sous le salaire minimum légal.

Ce décalage est fréquent et sans conséquence pour le salarié : le SMIC s’impose toujours, quelle que soit la grille. Mais il explique pourquoi certaines fiches métier annoncent encore « salaire de débutant : SMIC ». C’est exact pour un premier poste sans expérience, et c’est un plancher, pas une moyenne.

Ce qu’on observe réellement sur les offres d’emploi

Les données issues des offres d’emploi publiées donnent une image plus proche du marché que les seuls minima. Le salaire médian d’un conseiller funéraire se situe autour de 2 140 € brut par mois, soit environ 25 700 à 26 700 € brut par an.

La fourchette complète relevée sur les annonces va d’environ 19 700 à 22 400 € brut annuels pour un débutant, à 31 000 € brut pour un profil expérimenté. Le SMIC, à 22 400 € brut par an pour un temps plein, constitue désormais le plancher légal : en dessous de ce seuil, il ne peut s’agir que de temps partiels ou d’annonces antérieures aux dernières revalorisations. L’Île-de-France et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur se situent au-dessus de la médiane nationale.

Salaire brut, salaire net : ce qu’il reste vraiment

Les annonces raisonnent en brut annuel, les candidats en net mensuel. Voici la correspondance pour les trois profils les plus courants, toujours en estimation avant impôt sur le revenu.

ProfilBrut annuelBrut mensuelNet mensuel estimé
Débutant (premier poste, plancher SMIC)≈ 22 400 €1 867 €≈ 1 480 €
Conseiller médian (offres d’emploi)≈ 25 700 €2 140 €≈ 1 690 €
Conseiller expérimenté≈ 31 000 €2 580 €≈ 2 040 €

En net, cela représente donc grossièrement 1 500 € en début de carrière et un peu plus de 2 000 € pour un conseiller confirmé, hors primes et astreintes. Ce sont précisément ces compléments qui, d’une entreprise à l’autre, creusent l’écart.

Les primes : la part variable, souvent oubliée

Le conseiller funéraire exerce une fonction en partie commerciale : il présente les prestations, établit le devis, conseille la famille sur les options. Beaucoup d’entreprises complètent donc le salaire de base par des primes, calculées sur l’activité de l’agence ou sur les contrats de prévoyance obsèques.

Une enquête de Résonance Funéraire menée en novembre 2022 sur 800 offres d’emploi et 400 réponses de professionnels montrait que 94 % des salariés étaient favorables à une part de prime, contre 78 % des dirigeants. Autrement dit : le variable existe, il est plutôt bien accepté, mais il n’est pas systématique. C’est un point à aborder explicitement en entretien, au même titre que le fixe, en demandant sur quelle base il est calculé et ce qu’il a représenté l’année précédente pour les conseillers en poste.

Astreintes et permanences

Un décès ne se produit pas aux heures de bureau. Selon les structures, le conseiller assure des astreintes de nuit, de week-end ou de jours fériés, ainsi que des permanences téléphoniques, qui donnent lieu à compensation ou à majoration. Dans une petite entreprise indépendante, ces astreintes se répartissent entre peu de personnes et pèsent davantage dans le revenu ; dans un grand réseau, elles sont plus encadrées et plus prévisibles. Là encore, le montant et le rythme se demandent avant de signer.

Un métier qui recrute vraiment

La même enquête plaçait le conseiller funéraire en tête des métiers recherchés du secteur, avec des recrutements en contrat à durée indéterminée sur 35 heures dans la quasi-totalité des cas. Le marché reste porté par deux réalités : un besoin constant, et un vivier de candidats formés limité.

Les employeurs se répartissent entre les grands réseaux, OGF, Funecap et leurs enseignes, et un tissu dense d’entreprises indépendantes réparties sur tout le territoire. Les communes et communautés de communes recrutent également, sur des postes en régie funéraire. La convention collective s’applique à tous ; ce qui change d’un employeur à l’autre, ce sont le niveau de classification retenu, les primes et l’organisation des astreintes.

Un détail décisif pour qui vient d’un autre secteur : on peut être embauché avant d’être diplômé. La formation doit être suivie dans les douze mois qui suivent la prise de fonction. Une entreprise peut donc recruter puis envoyer en formation, ce qui évite une année sans revenu. Le parcours complet, de l’inscription à l’examen, est détaillé dans notre guide comment devenir conseiller funéraire.

Comment la rémunération progresse

Il faut être honnête sur un point : le métier n’offre pas une progression hiérarchique classique. On ne devient pas « conseiller senior » puis « directeur régional » par paliers automatiques. La progression passe par trois voies, qui se cumulent.

  1. L’anciennetéPrévue par la grille conventionnelle, avec ses paliers à 3, 5, 10, 15, 20 et 25 ans. C’est la voie la plus lente, mais elle est garantie.
  2. La double compétenceBeaucoup de conseillers exercent aussi comme maître de cérémonie, ce qui est particulièrement apprécié dans les structures de taille modeste, où chacun doit pouvoir accueillir une famille le matin et conduire un convoi l’après-midi. Cette polyvalence se négocie.
  3. Le passage à la directionLe diplôme de dirigeant d’entreprise funéraire ouvre la gestion d’une agence, d’une chambre funéraire ou d’un crématorium, et une autre échelle de rémunération : celle des cadres, de 2 501 à 4 288 € brut minimum selon le niveau. Il permet aussi de créer sa propre entreprise de pompes funèbres.

Cette dernière voie suppose d’être déjà titulaire du diplôme de conseiller funéraire : c’est le passage obligé pour qui envisage d’ouvrir sa propre agence.

Ce que le salaire ne dit pas

Aucun de ces chiffres ne rend compte de ce qui fait rester ou partir dans ce métier. On accompagne chaque semaine des personnes qui viennent de perdre un proche, dans des délais courts et avec une marge d’erreur nulle. Savoir rester disponible sans se laisser submerger est une compétence à part entière, et c’est elle que les recruteurs évaluent en entretien, davantage que le parcours.

Les personnes qui tiennent la première année restent en général longtemps. C’est ce qui explique la stabilité des équipes, et c’est aussi pour cela que les employeurs préfèrent former un candidat motivé plutôt que d’attendre un profil déjà diplômé.

Se former au métier

L’exercice de la profession suppose le diplôme national, enregistré au RNCP sous le numéro 36840, avec le ministère de l’Intérieur comme certificateur. Le parcours représente 280 heures : 140 heures de formation théorique et 140 heures de stage en entreprise. Aucun diplôme préalable n’est exigé pour s’inscrire.

Thanoria Formation Funéraire est un organisme certifié Qualiopi spécialisé dans les métiers du secteur. La formation de conseiller funéraire y est proposée en e-learning, à votre rythme, ou en distanciel sous forme de classe virtuelle animée par un formateur, à partir de 2 500 € TTC. Le passage de l’examen est inclus, et les sessions sont programmées plusieurs fois par an.

Sur la question du financement, la formation est éligible au compte personnel de formation et peut être prise en charge par France Travail, un OPCO ou Transitions Pro selon votre situation : le détail est réuni sur la page aides et démarches. Et si vous préférez lire des parcours réels avant de vous décider, les témoignages de nos stagiaires racontent des reconversions récentes, avec leurs doutes et leurs délais. Si vous hésitez encore sur la fonction à viser, notre article quelle formation funéraire pour quel métier compare les parcours de porteur, de maître de cérémonie, de conseiller et de dirigeant.

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Questions fréquentes sur le salaire du conseiller funéraire

Quel est le salaire d’un conseiller funéraire débutant ?

Pour un premier poste à temps plein, comptez le SMIC, soit 1 867 € brut par mois (environ 1 478 € net), le premier niveau de la grille conventionnelle (1 864 €) étant passé en dessous. Sur les offres d’emploi, les salaires de débutant s’échelonnent d’environ 19 700 à 22 400 € brut par an, avant primes et astreintes.

Combien gagne un conseiller funéraire en net par mois ?

Environ 1 480 € net en début de carrière, autour de 1 690 € net pour le salaire médian (2 140 € brut) et un peu plus de 2 000 € net pour un conseiller expérimenté (31 000 € brut par an). Ces montants sont des estimations avant impôt sur le revenu et n’incluent ni les primes ni les astreintes.

Un conseiller funéraire touche-t-il des primes ?

Souvent, mais pas systématiquement. Le métier comporte une dimension commerciale (devis, prestations, contrats de prévoyance) et de nombreuses entreprises versent une part variable. Selon l’enquête Résonance Funéraire de novembre 2022, 94 % des salariés y sont favorables, contre 78 % des dirigeants. S’y ajoutent les compensations d’astreinte et de permanence. Le mode de calcul se demande en entretien.

Le salaire est-il le même chez un grand réseau et chez un indépendant ?

La convention collective des pompes funèbres s’applique à toutes les entreprises du secteur, grands réseaux comme indépendants, et fixe les mêmes minima. Les écarts viennent du niveau de classification retenu dans le contrat, des primes et de l’organisation des astreintes, davantage que de l’enseigne.

Combien gagne un responsable d’agence ou un dirigeant funéraire ?

Un responsable d’agence salarié relève des niveaux cadres de la grille : 2 501 € brut minimum au niveau V, 2 949 € au niveau VI et 4 288 € au niveau VII. Il doit détenir le diplôme de dirigeant d’entreprise funéraire, accessible après celui de conseiller. Un créateur d’entreprise se rémunère, lui, selon les résultats de sa structure.

Est-on payé pendant la formation de conseiller funéraire ?

Oui si vous êtes embauché avant d’être diplômé : vous percevez votre salaire et suivez la formation dans les douze mois qui suivent la prise de poste, l’employeur pouvant mobiliser son OPCO. Si vous êtes en reconversion ou en recherche d’emploi, la formation est éligible au CPF et peut être financée par France Travail ou Transitions Pro selon votre situation ; le e-learning permet en outre de la suivre en parallèle d’une activité.

Sources : convention collective nationale des pompes funèbres (IDCC 759), avenant salaires du 13 janvier 2026 ; revalorisation du SMIC au 1er juin 2026 ; enquête Résonance Funéraire sur l’emploi dans le secteur funéraire, novembre 2022 ; relevé des offres d’emploi de conseiller funéraire publiées en France. Les montants nets sont des estimations avant impôt sur le revenu. Article mis à jour en septembre 2026.